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Décès de Lobi Traoré

Il a succombé le 1er juin à une crise cardiaque, à l'âge de 49 ans
Décès de Lobi Traoré
Publié le : 07/06/2010
http://lobitraore.com/

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Lobi Traoré est né à Bakaridianna à quelques kilomètres de Ségou sur le fleuve Niger, en 1961. Il fait ses premiers pas dans un environnement particulier, celui de ses parents chanteurs de la société secrète du "komo". L'initiation au komo ne se fait normalement qu'à l'adolescence, juste avant la circoncision marquant l'intronisation du jeune garçon, dans le monde des adultes. Les bambara disent "on adhère au komo, mais on n'y sort jamais".
Il entre véritablement en musique à l'âge de 16 ans lorsqu'il débarque à Ségou et intègre les rangs d'un orchestre folklorique. Mais, les ambitions du jeune homme vont plus loin et la seule ville qui pourra lui offrir un terrain de jeu à la hauteur de son talent naissant n'est autre que Bamako.

Dans la capitale malienne, c'est une autre formation folklorique qu'il rallie. Il y passe trois ans avant de rejoindre le Djata Band, emmené par Zani Diabaté, un des plus grands orchestres maliens de cette époque qui sera aussi un des premiers à tourner en France au début des années 1980. Lobi Traoré y devient le chanteur du répertoire bambara et rencontre un véritable succès dans ce rôle.
Il se lance à l'aube des années 1990 dans une carrière solo en se produisant dans les mariages et dans les bars. L'utilisation qu'il fait des instruments traditionnels (kora, djembé, ngoni, etc.) et de la guitare électrique attire les amateurs de Bamako. C'est au Bozo, bar disparu aujourd'hui, qu'il "balance" son blues bambara. Le lieu ne désemplit pas.

L'étape suivante n'est autre que l'enregistrement de disques. Le premier s'intitule Bambara Blues et sort en 1991. Plusieurs autres suivront dont Bamako (sous la direction artistique d'Ali Farka Touré), Duga (sur lequel on trouve son partenaire de choix, harmoniciste de son état, Vincent Bucher), ou encore The Lobi Traoré group… jusqu'au dernier I Yougoba enregistré avec le bluesman néerlandais Joep Pelt. De nombreuses tournées à travers le monde, des participations régulières aux différentes éditions des festivals français comme Africolor, feront de lui un véritable ambassadeur de la musique malienne.

Cet homme affable, souriant et doux voulait chanter le respect des autres, de soi-même, l'harmonie, la sagesse et la paix.
L'artiste est décédé ce mardi 1er juin 2010 à Bamako des suites d'une courte maladie. Il a été enterré le lendemain 2 juin, au cimetière de Kalabana coura.

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